Daily Life, Un peu de tout

Vivre avec un trouble de la personnalité limite – Borderline

 

Il y a quelques mois, on m’a diagnostiqué un trouble de la personnalité limite (TPL). Presque personne n’est au courant du mal qui me touche et peu de personnes ne connaissent réellement cette maladie.

Qu’est-ce qu’un TPL ?

Le trouble de la personnalité limite ou borderline est une vraie maladie mentale, située entre la névrose et la psychose. Elle touche environs 2% de la population et 3 cas sur 4 sont des femmes. Elle est relativement grave mais heureusement se soigne très bien de nos jours, grâce aux médicaments, à une thérapie et au soutien moral des proches.

Les causes de ce trouble sont multiples. Des causes biologiques, déficiences chimiques (dérèglement de la production de sérotonine) et des prédispositions génétiques sont manifestes mais la maladie se déclare d’avantage chez des personnes ayant subies des abus, des carences affectives ou des séparations difficiles dans leur enfance.

Comment identifier une personne souffrant de TPL ?

Les borderlines sont souvent vus comme des personnes puériles, égoïstes, ayant des comportements d’adulte et d’enfant perturbé, qui sont sans filtre, soit tout est blanc, soit tout est noir. Ils souffrent d’hyperémotivité, de réactions excessives à la moindre contrariété, de difficultés à gérer leurs émotions. A cela s’ajoute des symptômes caractéristiques (au nombre de 5 ou plus selon la personne) sur lesquels se base le diagnostic médical :

– des sentiments chroniques de vide

– une difficulté à gérer la colère

– une capacité réduite à prévoir les conséquences de ses actes

– une perturbation de l’identité (remise en question de projets ou de sentiments certains, questionnement sur soi, difficultés à analyser son ressenti)

– une tendance à idéaliser puis à dévaloriser l’autre

– une instabilité dans les relations interpersonnelles (changements fréquents d’amis, de partenaire, de milieux professionnels, tendance à la manipulation, etc.)

– des efforts effrénés pour éviter les abandons (crainte excessive des ruptures, de l’éloignement)

– des symptômes dissociatifs et une idéation persécutoire (impression de sortir de son corps, d’être victime d’un complot)

– des comportements impulsifs, dangereux, d’auto-mutilation (crises de boulimie, tendance au jeu, consommation abusive d’alcool ou de drogues)

– des idées et des gestes suicidaires

Ce sont des êtres hypersensibles. Mais leur façon de réagir face à l’abandon varie d’un malade à l’autre.

– Parfois très seuls, pour se protéger de leurs émotions et éviter de devoir subir un abandon.

– Parfois, ils ont besoin d’un cocon à eux, avec leur conjoint ou leur famille proche.

– Et parfois, d’autres vogueront en permanence d’un partenaire à l’autre pour avoir le sentiment de ne jamais être abandonné. Probablement provoquent-ils l’abandon pour ne pas être quittés.

borderline-continuum_1.png

Je suis borderline, comment puis-je vivre avec ce trouble ?

En plus d’une médication (antidépresseurs, antipsychotiques ou anxiolytiques) et une thérapie. Il faut apprendre à dompter ses émotions, ne plus les subir au quotidien et éviter de tomber dans des comportements malsains comme l’auto-destruction, la mutilation, l’agression de l’entourage, l’abus d’alcool ou de produits illicites.

Je vous donne quelques idées qui fonctionnent relativement bien pour moi :

Ecouter de la musique, en opposition à ses sentiments (plutôt quelque chose de joyeux et rythmé si je me sens triste, ou plutôt des chansons relaxantes et calme si je me sens angoissée), la mettre fort et danser, chanter.

Prendre un bain chaud rempli de mousse, et se relaxer.

Faire du sport pour se détourner de ses émotions.

Faire du yoga en se concentrant sur sa respiration.

S’occuper tout simplement, faire quelque chose de prenant (faire les magasins, sortir avec des amis, cuisiner, apprendre une nouvelle langue, dessiner ou écrire, etc..).

Aller se balader, marcher, prendre l’air et profiter de la nature qui nous entoure, ou comme ma psy dit « enlacer un arbre, encrer ses pieds dans le sol et respirer profondément).

Contacter quelqu’un, un/e ami/e, de la famille ou faire appel aux services d’assistance possible (SOS prévention suicide Belgique : 080032123 ; Télé-Accueil : 107).

illustrations-troubles-mentaux-014

Je suis un proche, comment vivre avec ?

Je vais reprendre quelques conseils du site Aideborderline qui est un bon résumé :

Faire attention aux mots que vous utilisez. Certains mots sont comme des poignards pour nous et nous nous en souvenons très longtemps. Apprenez donc à faire le tri des mots interdits ou délicats.

Ne pas la/le comparer à d’autres, à moins de lui dire qu’elle (ou lui) est mieux. Car un borderline manque de confiance en soi.

La/le rassurer très souvent, lui dire et lui prouver souvent que vous l’aimez.

Lui montrer que vous êtes heureux avec elle (ou lui) plus qu’avec n’importe qui d’autre.

Accepter son manque de confiance en vous, surtout au début. Il lui faut le temps de vous connaître, et ce n’est pas parce qu’elle/il manque de confiance en vous qu’elle/il ne vous aime pas ou qu’elle/il ne vous respecte pas mais au contraire, parce qu’elle/il tient à vous et a peur de vous perdre.

Ne rien lui cacher et donc accepter qu’elle/il puisse vouloir regarder vos emails ou votre téléphone de temps en temps. ça lui passera quand elle prendra confiance en elle ou si elle constate qu’elle peut avoir confiance en vous.

L’appeler, la/le sms très souvent, pour avoir de ses nouvelles dans la journée. Même 5 min, pas forcément plus, pour lui montrer que vous pensez à elle (ou lui).

Accepter qu’elle/il vous contacte également fréquemment. Si vous êtes occupé, dites le lui gentiment en lui précisant que vous l’aimez.

Parler souvent de projets futurs ensemble. Cela va la/le rassurer.

Eviter de la provoquer pendant une dispute et essayer de la rassurer pour la calmer et lui prouver qu’elle/il se fait des idées.

– Si vous avez besoin de distance, essayez de comprendre que pour un borderline, l’attente sans son partenaire, surtout sans savoir s’il nous aime toujours, est insupportable. Comprenez-la si elle vous harcèle, la seule façon de calmer les harcèlements est de la rassurer.

L’aider à lui trouver une activité ou un but dans la vie. Car cela va l’aider à prendre confiance en elle (ou lui) et à apprécier certains moments sans vous.

Occupez-vous d’elle, faites-lui sentir qu’elle est précieuse pour vous.

La/le rassurer souvent en lui disant que vous ne l’abandonnerez pas. Car c’est l’une des peurs fondamentales des borderline.

Si elle/il fait des efforts pour changer, reconnaissez-les. Il n’y a rien de plus énervant que de se battre avec cette maladie de se faire entendre dire qu’on ne changera jamais.

– Si elle/il vous a fait quelques coups bas, essayez de lui pardonner et de comprendre que ça provient de son trouble. Ça lui passera. Elle/il voulait sans doute juste vous tester pour savoir si vous l’aimiez vraiment et à quel point vous l’aimez.

Faire preuve d’écoute est primordial, être présent pour elle/lui, la/le rassurer mais comme le site Psychologie le conseille également :

– savoir garder de justes distances pour éviter les relations fusionnelles intenses.

– ne pas dramatiser les accès de colère dont ils ont souvent peu conscience.

– ne pas porter un jugement sur les comportements impulsifs, dangereux qui sont autant d’appel à l’aide. Les personnes borderline ont avant tout besoin que leur entourage leur rappelle leur affection et leur inquiétude.

– les encourager à partager leur ressenti tout en les rassurant sur leurs qualités, leur valeur, quand ils font preuve de trouble de l’identité ou d’une piètre estime d’eux-même.

– reconnaître le sentiment d’injustice ou de rébellion contre l’autorité dont ils font part, tout en leur rappelant les réalités quotidiennes auxquelles chacun est confronté.

– accepter une certaine forme de manipulation si celle-ci peut permettre de gagner la confiance et fixer des limites dans le cercle familial.

http___www.karikatur-cartoon.de_bilder_borderline

Je terminerai cette article en espérant vous avoir un peu éclairé sur ce trouble peu connu, en espérant pouvoir aider ceux qui eux aussi en souffre et pouvoir aiguiller mes, vos proches qui sont parfois désemparés face à la détresse, la tristesse ou les comportements excessifs des borderlines.

Je ne fais pas cette article pour recevoir de l’empathie, pour qu’on s’apitoie sur mon sort, pour qu’on me juge anormale ou pour me dédouaner de mes actes/paroles excessifs. Je le fais pour moi, pour oser en parler et accepter le diagnostic. Je sais désormais quel est ce mal qui me ronge, qui me fait perdre la tête parfois, qui m’a déjà poussé au pire des actes envers moi-même ou envers les autres mais maintenant qu’on a mis un nom dessus, je vis avec, il fait partie de moi, il sera toujours là et je ne veux pas m’en faire un ennemi, au contraire, je sais désormais que je suis différente et pourquoi je le suis, en j’en ferai une force.

« You think I’m crazy, you think I’m gone
So what if I’m crazy ? All the best people are »

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s